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  Quale Disgrazia

 


Création 2007 > " Quale Disgrazia" de Benjamin Forel

 

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Texte et mise en scène : Benjamin Forel
Avec : Sarah Barrau et Isabelle Chevallier
Conseiller artistique : Azad Goujouni, Musique originale : Gilbert Gandil et Edith Chaffard, Lumière et Scénographie : Romain De Lagarde, Costumes : les comédiennes

Après "Un Eternel automne" (2006 - Jacques André Editeur), "Quale Disgrazia" est le second texte de Benjamin Forel. On y retrouve tous les lieux communs de l'absurdité quotidienne. Si le propos ne les évite pas, le théâtre les étire.


Le Déroulé
Imaginaires ou réelles, deux femmes apparaissent et disparaissent. Dans un espace fantastique vivant de souvenirs et de démons secrets, les deux personnages, tour à tour loufoques et pathétiques, nous invitent dans l'univers épique de leur quotidien. Il y a la mère, à l'âge du besoin grinçant de raconter et de dépoussiérer les utopies burlesques. Il y a la fille, encore en proie aux revendications féministes et aux combats illusoires. Toutes deux, grossières créatures échappées de derrière leur paravent, affrontent leurs idées du monde sous le regard absent du protagoniste de cette
histoire : l'homme, qui deviendra très vite le prétexte indispensable à ce récit de femmes.

Critique
Avec trois panneaux de contre plaqué amovibles et un tapis blanc pour tout décor, avec surtout la complicité de deux excellentes comédiennes joliment rondes tout de noir vêtues, Benjamin Forel, jeune metteur en scène et auteur de 22 ans, nous propose là un étrange spectacle, drôle et beau qui tient du haïku théâtral autant pour sa brièveté que pour ses références subliminales (éclairage, esthétique, univers sonore et mode de jeu) à l'Orient.
Deux femmes donc, en noir pour le corps, en blanc pour les visages maquillés à l'excès en clowns tristes … La mère (extraordinaire Sarrah Barrau) et la fille (Isabelle Chevalier, très bien aussi) qui se jouent à elles-mêmes l'universel de relations complexes tissées d'amour, de complicité et de rivalité, arrimées à de petits faits quotidiens et à des considérations plus ambitieuses, fondées en tout cas sur l'absence du père … que l'une disculpe tandis que l'autre accuse.
PROMETTEUSE
Sachant que Benjamin Forel s'est inspiré des "Récits de femmes" de Dario Fo, on s'étonne évidemment de ne pas retrouver dans le texte du jeune français la formidable verve du vieil italien combatif … Reste que la tentative de Forel est très attachante qui, comme il le dit lui-même, "loin de vouloir créer la satire de notre propre quotidien, cherche un spectacle sans vérité unique où le sujet se moque autant de celui qui l'écoute que de lui-même …" Parions qu'il le trouvera bientôt !
Marielle Créac'h - Lyon Poche



Diffusion 2007/2008
Théâtre des Marronniers / Lyon (69)



 
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